Restauration des forêts de mangroves, pour un développement économique du littoral

En Haïti, les forêts de mangroves dans le littoral n’échappent pas à la déforestation. D’une importance capitale tant sur le plan écologique qu’économique, les mangroves fournissent de nombreux services à l’environnement. En plus d’aider dans la lutte contre le changement climatique, elles protègent  les zones côtières notamment contre les ouragans et la montée subite des eaux. Le ministère de l’environnement travaille à leur réhabilitation.

Pour certains experts, restaurer les forêts de mangroves en Haïti permettrait non seulement de développer l’économie du littoral mais aussi de protéger l’environnement et combattre le changement climatique. En effet, tout comme pour la majorité des forêts en Haïti, les forêts de mangroves dans le littoral du pays n’ont pas échappé à la déforestation. En 2014, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a estimé entre 35 à 86%, les pertes de la surface initiale de ces forêts selon les lieux, avec un taux de disparition global annuel moyen compris entre 1 et 2%.

L’origine de cette déforestation est souvent accordée à « l’urbanisation effrénée et l’extension incontrôlée des villes côtières » ainsi qu’à la surexploitation de sa végétation pour la fabrication de charbons de bois et le bois de construction.

« Les forêts de mangroves sont des écosystèmes forestiers côtiers qui se développent dans la zone de balancement des marées et à l’embouchure de certains fleuves ». Le PNUD affirme que « la mangrove revêt une importance capitale tant sur le plan écologique qu’économique, et représente, avec la forêt tropicale humide, un des écosystèmes les plus productifs en domaine terrestre ».

Les mangroves et la pêche

La présence d’écosystèmes de mangroves est très favorable à la pêche commerciale, avancent certains experts dans le domaine. Des espèces très prisées dans le domaine de la pêche en dépendent pour au moins une partie de leur cycle de vie. Parmi ces espèces, on retrouve des « poissons, des huîtres, des mollusques et des crevettes ».

« La mangrove joue un rôle fondamental dans les cycles du carbone et des nutriments en milieu côtier. Aussi, les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crevettes et poissons. Par ailleurs, la mangrove possède une valeur refuge significative et abrite une grande biodiversité animale, notamment diverses espèces de crabe. Certains poissons viennent aussi s’y reproduire, d’autres y assurent leur croissance », affirme le PNUD.

Certains experts avancent que, avec ses 1535 km de côtes, Haïti possède l’un des meilleurs potentiels pour les ressources côtières et maritimes de la Caraïbe. D’où selon eux, la nécessité de réhabiliter et de conserver les mangroves, pour mettre à profit ce potentiel.

Les mangroves et l’environnement

Les mangroves fournissent de nombreux services à l’environnement. Composés essentiellement de palétuviers, les mangroves limitent l’érosion côtière. « Les palétuviers ont des racines spécifiques qui assurent la fixation de l’arbre dans le sol instable et boueux », souligne un technicien du ministère de l’environnement, Jonas Achilles.

La mangrove protège les zones côtières notamment contre les ouragans et la montée subite des eaux car « il forme une sorte de barrière entre l’océan violent et la côte fragile ». Elle protège également les récifs. « La mangrove filtre et stabilise la sédimentation évitant aux récifs d’être recouverts de vase et donc de dépérir », affirment des experts.

Les mangroves interviennent aussi dans la lutte contre le changement climatique. Le PNUD affirme que les forêts de mangroves « stockent deux fois plus de carbone que les forêts tropicales, ce qui ralentit le réchauffement de la planète ».

Travaux entrepris pour la restauration des forêts de mangroves en Haïti

Depuis plusieurs années, le ministère de l’environnement et certains de ses partenaires, principalement l’ONU environnement, travaillent à la réhabilitation des forêts de mangroves dans le pays. Notamment de 2014 à 2019 où ils ont travaillé au renforcement de « l’écosystème des mangroves de différentes communes du département du Sud, notamment à St Jean du Sud, Port-Salut, Roche-à-Bateaux et Coteaux », rapporte reliefweb.

Graham G. HENRY

Read Previous

La musique haïtienne comme arme contre les violences faites aux femmes

Read Next

Le sort des migrants haïtiens de Del Rio consterne et indigne