Réchauffement climatique : 80 millions d’emplois menacés et 200 millions de dollars en lobbying climato-sceptique

Dû au réchauffement climatique, 80 millions d’emplois pourraient disparaitre d’ici à 2030, alerte l’ONU. Ce qui représenterait une perte de 2400 milliards de dollars pour l’économie mondiale. Parallèlement, les compagnies pétrolières climato-sceptiques dépensent 200 millions de dollars par an pour contrer la lutte pour préserver l’environnement de la planète Terre.

Selon un rapport intitulé « Travailler sur une planète chaude, l’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent », le réchauffement climatique affecterait non seulement l’économie mondiale et le travail, mais rend aussi plus courant le phénomène du « stress thermique ».

Le stress thermique est défini dans le rapport comme une chaleur excessive, par rapport à celle que l’on peut tolérer sans souffrir d’altération psychologique pouvant entraîner des coups de chaleur voire la mort. Cet excès de chaleur est précisément ce qui augmentera la vulnérabilité et les risques professionnels des travailleurs.

Les employés des secteurs comme l’agriculture, la construction, la gestion des ressources naturelles, la collecte des déchets, des transports, des sports et du tourisme seront les plus touchés parce qu’ils sont plus exposés à employer une force physique et à travailler à l’extérieur. Par ailleurs, les travailleurs de l’industrie qui opèrent à l’intérieur ne seront pas épargnés si les niveaux de temps à l’intérieur de l’usine ne sont pas réglés correctement.

Il est estimé dans le rapport que les pays qui seront les plus touchés par ce phénomène sont ceux de l’Asie du Sud et de l’Afrique de l’Ouest. Cette hausse de chaleur entraînerait une perte de 5,3 et 4,8 % des heures de travail d’ici 2030, soit environ 43 millions et 9 millions d’emplois à plein temps. Ceux de l’Europe et d’Amérique du Nord auront seulement une perte de  0,1% dans tous les cas.

Il est également indiqué que les pertes dues au stress thermique au travail ont été estimées à 280 milliards en 1995 et atteindra probablement les 2400 milliards de dollars en 2030. L’augmentation de la température mondiale de 1.5° C d’ici la fin du XXIe siècle et l’évolution de la population active en 2030 de 2,2 % du total des heures travaillées dans le monde seront perdues en raison de températures élevées, soit une perte de productivité équivalente à 80 millions de postes à plein temps.

Des conclusions qui divisent

Alors que de nombreux pays et institutions internationales mettent sur pied des politiques de lutte contre le changement climatique, les compagnies pétrolières s’y opposent.

Selon une étude menée par Influence Map, les compagnies pétrolières dépensent chaque année environ 200 millions pour leur lobbying créé afin de  prouver que le changement climatique n’existe pas.

Influence Map a identifié également certaines entreprises qui seraient plus agressives envers cette lutte que d’autres, notamment les entreprises Chevron, BP, et Exxon Mobil considérées comme étant les plus agressives. Par contre Shell ou Total ont adouci leur position vis-à-vis de la lutte.

Désormais, ces compagnies utilisent le lobbying pour mettre en avant l’impact négatif des mesures écologiques pour l’emploi. Elles n’hésitent pas non plus à consacrer également une part importante de leur budget pour rehausser leur image.

Rose L. FATAL

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