Les crypto monnaies redéfinissent les échanges commerciaux dans le monde

Forme décentralisée de la monnaie, la crypto monnaie représente une nouvelle conception des moyens d’échanges commerciaux qui réduit le contrôle des banques et fait faire des économies aux utilisateurs. Un regard particulier sur la question avec l’économiste et spécialiste en développement James Louis.

Avec la mondialisation qui s’impose beaucoup plus chaque jour dans le monde, la nécessité de mise à jour des moyens de paiement se fait de plus en plus sentir. Passant de la monnaie fiduciaire à la monnaie scripturale pour aboutir aux monnaies virtuelles, toutes ces transformations ont des conséquences positives ou non sur la manière d’effectuer les échanges et de préserver la valeur des biens.

L’économiste et spécialiste en développement James Louismet le projecteur sur l’importance de l’avènement de la monnaie virtuelle avec un regard particulier sur la cryptomonnaie, une forme décentralisée de la monnaie.

C’est quoi la crypto monnaie ?

Pour citer l’économiste, « c’est une monnaie électronique décentralisée ». « Il y’a d’autres formes de monnaie électronique par exemple la monnaie électronique de banques (Bitkob en Haïti), qui elles sont centralisée », remarque-t-il. La différence réside dans le fait que les monnaies centralisées sont contrôlées par les banques centrales, c’est-à-dire c’est la banque mère qui gère les émissions et le type d’utilisation via un centre de contrôle. Tandis que les cryptomonnaies, elles, ne sont sous l’influence d’aucune banque centrale, d’où leur dénomination de monnaie décentralisée.

Constituée d’énergie codée sous base binaire, langage informatique qui utilise le chiffrement zéro et un, les cryptomonnaies contrairement à la monnaie traditionnelle ne sont pas soumises aux échanges physiques. « Cette monnaie n’est ni tangible, ni palpable mais est portable car pouvant être détenu dans un portefeuille (wallet), qui peut se présenter sous forme d’application ou d’un site de sauvegarde, idéal pour les transactions et acquisitions en ligne », affirme M. Louis.

« On ne peut parler de monnaie sans transactions ni livre comptable. De ce fait, la cryptomonnaie étant une monnaie électronique décentralisée certes, mais elle possède aussi un réseau dans lequel est enregistré toutes les transactions, c’est le blockchain », ajoute le spécialiste. La blockchain représente le lieu où sont stockées toutes les transactions relatives à la cryptomonnaie en question. Chaque cryptomonnaie à sa blockchain autrement dit son registre de transactions.

L’avènement de la cryptomonnaie

Les cryptomonnaies n’ont pas fait l’objet d’une création spontanée mais d’une évolution dans la façon de concevoir les moyens d’échanges et une nécessité d’adaptation des États et particuliers à la mondialisation. La grande rupture qui marqua l’éclosion d’une nouvelle forme de monnaie, la monnaie scripturale, s’était effectuée dans le but de palier à l’insécurité due aux problèmes de cash de la monnaie fiduciaire en se limitant seulement au jeu d’écriture.

Cependant, cette monnaie était sous l’emprise des banques centrales et subissait souvent à des utilisations contraires à l’éthique, comme le financement des guerres. En 1914, la monnaie européenne a perdu sa convertibilité à l’étalon or due à une création excessive de celle-ci créant un écart irréparable de valeur entre la monnaie qui servait d’échange et l’or qui remplissait le rôle de réserve de valeur.

Dans un souci de faciliter le commerce mondial, modernisation oblige, une nécessité de créer une monnaie décentralisée et difficilement manipulable pour faciliter les échanges s’est fait sentir. Le Bitcoin, géant de la cryptomonnaie en est le parfait exemple.

Pourquoi utiliser une telle monnaie ?

« L’avantage principal de la crypto monnaie, c’est qu’elle est décentralisée donc elle n’est pas assujettie aux contraintes des banques d’échanges dans n’importe quel territoire à condition que la monnaie soit disponible sur place via une plateforme », informe M. Louis. « La seule contrainte réside dans les frais de transaction, mais ceux-ci sont nettement plus avantageux que les banques car les opérations s’effectuent à la seconde contrairement aux processus bancaires pouvant durer plusieurs jours », précise-t-il.

Une meilleure sécurité pour les détenteurs des monnaies virtuelles, « car n’étant pas palpable l’utilisateur peut difficilement faire l’objet de raquette ou de prise de force. Mais, le stockage peut comporter des problèmes si le support se perd ou la wallet dans laquelle sont gardées les données fait l’objet d’attaque ou de fraude par l’administration, des situations peu probables ».

Toutefois ses faiblesses résident dans son accessibilité et se prête facilement aux spéculations, alarme l’expert.

Selon lui, « on peut détenir une somme importante en monnaie virtuelle et ne pas pouvoir l’utiliser pour faire des transactions dans un territoire donné à cause de la non acceptation de la monnaie en question par l’État ». De plus, elle est facilement sujette aux spéculations, indique M. Louis en prenant en exemple le Bitcoin.  « En mai, dit-il, le Bitcoin avait déjà atteint les 55 000 dollars américains et vingt jours plus tard, il descendait sous la barre de 30 000 dollars. Donc une personne qui détenait une fortune en Bitcoin peut la voir dévaluer de près de 50% en quelques jours. Les investisseurs peuvent voir en cette monnaie trop de risque lié à la stabilité de leur fonds de commerce ».

En somme, bien que l’utilisation d’une telle monnaie soit nouvelle pour les pays et que les conséquences ne sont pas encore prévisibles, « les pays en difficulté économique ont tout intérêt à utiliser les cryptomonnaies car elles leur permettraient de pénétrer dans des marchés où la monnaie traditionnelle constitue un obstacle », recommande l’économiste et spécialiste en développement James Louis.

Marc Igor ALEXANDRE

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