22 août 1791-22 août 2021: 230 ans de la révolte des esclaves de Saint-Dominque

Date fatidique dans l’histoire de la République d’Haïti, le 22 août marque l’entrée des Haïtiens dans l’Histoire et  rappelle la révolte des esclaves de Saint-Domingue (ancien nom de l’île d’Haïti). Cette insurrection des esclaves dans la soirée du 22 et 23 août 1791, est l’une parmi les plus grandes du genre qu’a connues l’histoire de l’humanité. Elle a fait de Saint-Domingue la première colonie qui a donné le coup d’envoi à la liberté.

À Saint-Domingue, ancien nom de la République d’Haïti, la soirée du 21 au  22 aout 1791 a été marquée par une violente insurrection  des esclaves contre leur maitre en vue de lutter contre le système esclavagiste et raciste instauré par les puissances colonialistes de l’époque. Les esclaves ont réclamé : la liberté et l’égalité entre les races humaines en criant « liberté ou la mort ».

Après 13 années de rude bataille pour la liberté et l’égalité, cette insurrection allait aboutir à l’indépendance de l’ile et créa la première République noire et indépendante au monde, soit le 1 janvier 1804 après la glorieuse bataille de Vertières. Considéré comme l’élément déclencheur de la révolution haïtienne proposant une nouvelle vision de l’homme noir dans le monde et de l’ordre internationale établi selon certains historiens.

L’ambassadeur Wien W. Arthus écrit que : « la révolution haïtienne a montré au monde que l’esclavage n’était pas une normalité et que les noirs pouvaient s’auto-diriger.»

Protestation des esclaves

Arrachés à leur terre natale, les esclaves sont arrivés dans la colonie dans des conditions atroces. « Enchainés à fond de cale avec un mètre cube et demi d’air par individu et soumis à huit mois ou plus de transport transatlantique dans ces conditions, les esclaves sont vendus aux  colons d’Amérique comme une bête de somme», avance l’historien Benoit Joachim.

En raison du traitement réservé aux noirs, à l’époque, des nègres marrons de Saint-Domingue se sont réunis lors d’une cérémonie vaudouesque au Bois-Caïman, près de Morne-Rouge, sous la direction d’un prêtre vaudou, appelé Boukman, dans la soirée du 14 août 1791 au cours de laquelle ils juraient de vivre libre ou mourir.

Moins de dix jours après la cérémonie,  une longue et résistante guerre violente éclata dans la nuit du 22 au 23 août 1791.Des centaines de sucreries et de caféières sont détruites, des Blancs eux-mêmes sont massacrés par centaine. La dernière bataille survenue en novembre 1803 a permis à l’armée indigène sous le commandement suprême de Jean Jacques Dessalines de vaincre l’armée la plus puissante de l’Europe.

Selon des historiens, c’était pour la première fois dans l’histoire de l’esclavage, un mouvement unifié (différentes tribus et ethnies d’esclaves y participent) prend forme, s’organise collectivement et prépare l’insurrection contre l’homme blanc.  En effet, c’est  « La plus grande révolte servile de l’Histoire et la seule qui ait réussi », a rapporté Hérodote.

Proclamation de la liberté générale

En août 1793, édictée par Sonthonax et ratifiée ensuite par les deux autres Commissaires civils envoyés à Saint-Domingue, la liberté générale fut proclamée dans la colonie, après plus de deux siècles d’esclavage. Pourtant, l’indépendance d’Haïti allait être proclamée, dans la douleur et le sang, le 1er janvier 1804 après  une dernière et vaillante bataille à Vertières le 18 novembre 1803 marquée par la victoire de l’armée indigène sur l’armée française.

En faisant référence à l’article 44 du code noir de 1625 rédigé par l’homme d’État français, Jean Baptiste Colbert, qui réglementait la situation des esclaves dans la colonie, les noirs ne s’élevaient qu’au rang d’esclaves étant la propriété privée de son maitre.

Christophane J. DORVIL

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