Haïti-Élections : Pas d’élections possibles sans un accord politique, selon Daniel Foote

Daniel Foote, l’envoyé spécial des États-Unis en Haïti estime l’organisation des élections impossible dans le climat politique et de sécurité prévalant actuellement au pays, sans un accord politique préalable entre les acteurs politiques haïtiens.

Pour l’envoyé spécial américain en Haïti, Daniel Foote, organiser des élections sans un accord politique entre les acteurs politiques haïtiens, c’est se précipiter vers un fiasco vu la situation actuelle du pays surtout avec le climat fragile de sécurité.

 « On ne doit pas se ruer vers l’échec. Les élections ne peuvent pas se tenir à court terme à cause de la situation déplorable de la sécurité et de la discorde politique. Je ne pense pas que l’actuel gouvernement intérimaire de facto peut organiser des élections crédibles sans un accord politique», a déclaré M Foote le jeudi 9 septembre dernier à l’occasion d’une conférence-débat sur le post-séisme en Haïti tenue à la Florida International University(FIU).

Selon l’envoyé spécial américain, « cela prendra du temps pour rétablir la sécurité, pour qu’un gouvernement intérimaire issu d’un accord établisse un CEP, effectue éventuellement une réforme de la Constitution, etc. ».

« La position des États-Unis est que les Haïtiens doivent organiser des élections aussitôt que les conditions seront adéquates », a assuré Daniel Foote à la journaliste du journal Miami Herald, Jacqueline Charles, qui partageait le panel.

Vers une éventuelle sortie de crise

Parallèlement, le pays semble s’acheminer vers une sortie de crise. Les acteurs politiques haïtiens ayant signé un accord politique le samedi 11 septembre 2021. Même le Secteur démocratique national(SDP) qui s’y opposait farouchement a paraphé cet accord salué par le Premier ministre Ariel Henry via son compte Twitter.

« L’histoire retiendra que des acteurs politiques ont su, aujourd’hui, transcender leurs divergences dans cette mission salvatrice de notre pays, actuellement en péril », a souligné le PM, qui se réjouit d’avoir signé « l’Accord pour une bonne gouvernance apaisée et efficace pendant la période intérimaire. C’est un grand pas qui vient d’être franchi pour le bien-être de l’intérêt collectif ».

En son article 2, l’accord prévoit une période de transition bi-céphale mais toujours avec le Dr. Ariel Henry comme Premier ministre. Il prévoit aussi la recomposition du Conseil électoral provisoire(CEP) avec la participation des secteurs clefs de la vie politique. Et ce nouveau CEP sera composé  de représentants de la conférence épiscopale (CEH), ceux de la diaspora, des collectivités territoriales, des cultes réformés, du vodou, des organisations des droits humains, des organisations féminines, de la Presse et des signataires de l’accord.

Le CEP et des proches de l’ancien président Jovenel Moïse, vent debout contre l’accord

À contre courant,  le Conseil électoral provisoire(CEP) créé par le président Jovenel Moise par arrêté présidentiel le 18 septembre 2020 continue son travail. Au lendemain de l’accord politique signé par le Premier ministre et l’opposition politique à l’ancien président assassiné, le CEP a publié la liste partielle de 108 des partis politiques et regroupements politiques agréés pour participer aux prochaines joutes électorales.

Alors que plusieurs personnalités politiques, dont certains proches du défunt président Jovenel Moise ont manifesté leur mécontentement en critiquant ouvertement les décisions du PM. Selon la présidente du CEP, Guylande Mesadieu, le Premier ministre Henry n’a pas l’autorité qu’il faut pour dissoudre un CEP nommé par arrêté présidentiel, une telle décision ne se trouve pas dans son champ de fonctionnement.

Abondant dans le même sens, l’ancien conseiller présidentiel Renald Lubérice exige la démission du Premier ministre Ariel Henry et estime que le Conseil des ministres ayant approuvé son gouvernement peut le destituer. « Pour ce faire, il y a lieu d’y associer le tiers du Sénat, constitué des seuls élus de la République », a avancé l’ancien conseiller  Lubérice.

Jeffly LEFFRANC

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