Belachat: « Un jeune, un métier » dans les Ghettos

Une entreprise sociale dont la politique est de transformer chaque ghetto en foyer de relance de la production locale avec pour principale acteur, les jeunes dans les quartiers populaires, telle est l’initiative d’un jeune de quartiers populaires, l’entrepreneur Dieunaldo Mereste. Il nous en dit plus à travers ces lignes.

Les jeunes vivant dans les quartiers populaires sont généralement perçus comme des délinquants, des fainéants par une partie de l’opinion publique haïtienne. Une perception que ce jeune entrepreneur Dieunaldo Mereste dément. En effet, il a implanté un atelier de couture dans les quartiers populaires dont la mission est de participer à la relance de la production locale en mettant les jeunes dans les quartiers populaires comme acteurs principaux.

Selon Dieunaldo, « cet atelier a été conçu pour encadrer ces jeunes du ghetto en leur donnant une formation adéquate et en leur permettant de mettre à profit ce qu’ils ont comme talents et compétences. Avoir un métier manuel en mains est également un des meilleurs moyens de lutter contre la pauvreté et l’insécurité en Haïti », a-t-il précisé.

Par ailleurs, les jeunes qui auront l’opportunité de suivre cette formation doivent habiter dans l’un de ces 5 quartiers : Kokiyo, Solino, Delmas 24, Fort National, Christ-roi. Globalement, ces 5 quartiers sont ciblés pour la première édition du projet.

Cette initiative d’un atelier de couture a débouché sur une entreprise prospère dénommée « Bèl Achat ». Une entreprise sociale dont la politique est de transformer chaque ghetto en foyer de relance de la production locale avec pour principale acteur, les jeunes dans les quartiers populaires.

En effet, l’atelier va au-delà d’une école. Bel Achat se donne pour mission d’habiller environ 1000 haïtiens avec des habits locaux. Au mois d’août, dernier l’entreprise a habillé environs 70 haïtiens. Le premier fut l’artiste haïtien BIC de son vrai nom Roosevelt Saillant.

Un métier face aux réalités socio-économiques

Le responsable de Bel Achat explique à la rédaction que cet atelier a été conçu dans une démarche de valorisation des métiers manuels. Ce qui permettra aux jeunes d’acquérir des compétences adéquates qui correspondent aux réalités socio-économiques.

« Dans le passé, les parents haïtiens se sont donnés pour mission de donner à tous les jeunes qui grandissent un métier manuel. Mais avec l’évolution du temps ces pratiques ont été abandonnées pour des professions telles que : ingénieurs, agronomes, médecins, etc. Mais les statistiques de ces derniers jours montrent clairement que ce marché de l’emploi est saturé, ce qui fait que beaucoup de jeunes diplômés lâchent les armes sans mentionner une autre catégorie importante qui est celle des jeunes qui n’ont pas les moyens de faire ces études et d’autres », a-t-il expliqué.

Bel Achat, un rêve devenu réalité

Fondée en 2018 par Mereste Dieunaldo connu sous le nom de K-lanbourik, Bel Achat se situe à Nazon dans la localité de Kokiyo, et aussi dans les quartiers environnants et autres zones telles que : Solino, Delmas 24, Fort-National, Christ-roi. Sa politique se définit en trois mots: Jeunesse, Engagement, Créativité. Belle Achat est devenu une entreprise légale en 2021.

Sachant que la première édition du programme « un jeune, un métier » a débuté avec la couture, K-lanbourik nous explique qu’il vise à continuer dans d’autres professions ou formation qui peuvent aider les jeunes des quartiers populaires à devenir financièrement autonomes. Les exemples incluent une formation en chimie industrielle, sérigraphie, broderie, etc.

Avant d’aboutir à ce grand rêve, Dieunaldo explique que Bèl Achat a en effet rencontré beaucoup de difficultés. « Premièrement, ça a été vraiment difficile pour nous de convaincre les consommateurs haïtiens de consommer des produits locaux et également de trouver de bonnes voitures et de bonnes matières premières afin d’arriver à un produit fini pouvant rivaliser avec les produits d’outre-mer. En plus des difficultés économiques auxquelles nous sommes toujours confrontés pour équiper l’espace Bèl Achat telles que : l’achat des génératrices, de machines à coudre, etc. »

Jodania N. MARCELIN

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